Portraits

14 morceaux

  • 01

    Quoi faire, quoi dire

    Paroles

    Quoi faire, quoi dire

    Quoi faire pour y arriver ?
    Comment nommer
    ses vrais besoins ?
    Oh baby,
    c'est un panier de crabes.
    Trébuchons tout en tripotant
    ses désirs.


    Quoi dire pour que tout soit clair ?
    Comment faire pour que tout
    ce que l'on dit soit fait ?
    C'est un panier de crabes.
    Mieux vaut un malentendu
    qu'un trop long silence.


    Quoi faire cuire
    pour satisfaire sa faim ?
    Quoi faire revenir
    pour nourrir sa nostalgie ?
    Le beau panier de crabes.
    Le contentieux n'est peut-être
    qu'un problème de grammaire.


    Quoi faire avant d'ouvrir sa boîte ?
    Comment faire pour
    ne pas au moins l'entrouvrir...
    la boîte de Pandore ?
    Ce texte devient de plus en plus
    obtus et j'm'endors.


    Quoi faire pour avoir l'air à l'aise ?
    Comment se tenir
    devant l'insoutenable,
    devant le panier de crabes ?
    Sans doute ce discours rejoint
    d'abord les jésuites.


    Quoi faire pour que tout soit dit ?
    Comment dire qu'il n'y a peut-être
    plus rien à faire ?
    Oh baby, c'est un panier de crabes.
    C'est bien assez mêlant,
    d'se mêler de ses affaires.


    La dernière

    Quoi faire pour y arriver ?
    Comment nommer
    ses vrais besoins ?
    Oh baby,
    c'est un panier de crabes.
    Trébuchons
    tout en tripotant
    ses désirs.

  • 02

    Fallait s'y attendre

    Paroles

    Fallait s'y attendre

    Fallait s'y attendre
    On s'est tellement parlé
    On s'est tout dit
    Il nous reste quelques promesses
    périssables

    Parle-moi sans nuances
    Raconte-moi ce qu'il faut raconter
    À celui qui prétend pouvoir comprendre
    ... vouloir comprendre

    Rhabille-toi de moi
    Porte-moi comme tu me portais
    Rhabille-toi de moi
    Essaie-moi pour quelques sorties

    Aurait fallu se reprendre
    Mais c'est aberrant la reprise
    Vaut mieux simplement se moquer
    de la bêtise
    ... la belle bêtise

    Faut bien en rire
    De nos rêves en civières
    J'ai toujours peur de l'eau
    Mais ouvrons de nouveau les écluses
    ... ouvrons les écluses

    Rhabille-toi de moi
    Porte-moi comme tu me portais
    Rhabille-toi de moi
    Essaie-moi pour quelques sorties

    Emprunte-moi, sers-toi de moi
    Serre-moi vise-moi
    Pointe-moi du doigt

    Rhabille-toi de moi
    Porte-moi comme tu me portais
    Rhabille-toi de moi
    Essaie-moi pour quelques sorties

  • 03

    On s'est presque touché

    Paroles

    On s'est presque touché

    On s'est presque touché, on s'est même
    presque connu
    J'ai failli tout croire mais le mystère se
    faisait lourd

    J'ai failli m'oublier, m'abandonner comme un
    chiot
    J'crois bien que j't'ai même aimée mais le
    silence se faisait lourd
    Beaucoup trop lourd

    J'voulais te toucher oui vraiment mettre les
    mains
    Mordre et me laisser mordre mais ton absence
    se faisait lourde

    J'voulais que tu te montres, que tu t'racontes,
    que tu te dises
    Il me fallait te sentir, mais le doute pesait lourd
    Beaucoup trop lourd

    On s'est jamais vu
    Tu n't'es jamais présentée
    Mais j't'attendais
    J'te cherchais
    J'te convoitais
    Et j'te croyais

    On s'est presque touché, presque retrouvé
    J'ai failli te rejoindre, mais les distances se
    faisaient lourdes
    T'aurais pu me maudire, me mentir, me
    repousser
    T'aurais pu retourner mon appel, mais le
    silence se faisait lourd

    On s'est jamais vu
    Tu n't'es jamais présentée
    Mais j't'attendais
    J'te croyais
    J'te convoitais
    Et j'te cherchais

  • 04

    En chair et en os

    Paroles

    En chair et en os

    En chair et en os
    En noir et blanc
    Amplement clair et ferme
    Loin au delà de la forme
    Plutôt bien en dessous
    Agréablement en dessous.

    En noir et en blanc
    En chair et en os
    Nettement mieux qu'la rengaine
    Pas du tout ambigu ni calculé

    Pas du tout ambigu.

    Sans préalable sans partition
    Sans cérémonie
    Nous voilà chacun devant la table de l'autre
    Affamés enfin devant la table de l'autre.

    En noir et blanc
    En quelques couleurs
    Emballés et partisans
    Sans équivoque sans contrefaçon
    Partisans
    Sans contrefaçon

  • 05

    Perdus dans le même décor

    Paroles

    Perdus dans le même décor

    T'es partie bien avant ton départ
    On s'est perdu dans la même pièce
    On s'est perdu dans le même décor.

    On nous veut figurants effacés
    Dans un trop plein d'images
    Je refuse si tu veux refuser.
    J'lance mon verre dans ton foyer
    Pour que la séquence éclate,
    J'ramasse si tu veux ramasser.
    S'il manque de quoi au scénario
    On n'a pas de chance
    J'révise si tu veux réviser.

    Et nous voilà étrangers
    Perdus dans le même décors
    Morcelés, mals et frissonnants,
    Incapables du plus simple toucher,
    Incapables de tendresse.

  • 06

    Tes manières m'intriguent

    Paroles

    Tes manières m'intriguent

    Ma chambre est pleine
    de vieilles chemises,
    c'qui fait penser à l'armée du salut.


    La femme qui portera mes chemises
    sera peut-être une femme
    que j'ai déjà connue.


    Tes manières m'intriguent.
    J'voudrais bien te connaître.
    J'voudrais pouvoir te plaire.


    Ma porte était toujours
    fermée à clef, jusqu'à ce que j'aie
    pris goût aux voleurs.
    Mes yeux étaient
    toujours bien fermés,
    jusqu'à ce que j'aie vu la couleur
    de tes yeux.


    Tes manières m'intriguent.
    J'voudrais bien te connaître.
    J'voudrais pouvoir te plaire.


    J'ai trempé mes pieds
    dans l'eau chaude.
    Je ne désire que de brûler
    un peu plus.
    J'suis tombé du haut de ma tour.
    Je ne désire que de retenir
    la blessure.


    Tes manières m'intriguent.
    J'voudrais bien te connaître.
    J'voudrais pouvoir te plaire.

  • 07

    Chair de poule

    Paroles

    Chair de poule

    Nous voilà encore sur une
    Corde à linge
    Lessivés, enlassés et lourds
    Besoin d'mouvement
    Besoin d'air
    Besoin de chair de poule.

    Prends ma chemise
    Prends mes clefs
    Prends mon porte-feuille
    Ce soir on sort
    Choisis l'heure, l'endroit
    Et nos personnages
    Ce soir on sort.

    J'ai toujours voulu danser
    Mais je me le refusais
    J'n'étais pas sûr de mes pas
    J'n'savais vraiment pas qui inviter
    À danser
    Mais j'ai toujours voulu danser
    Et je me le refusais
    Dorénavant je ne me le refuserai
    Plus jamais.

    Je veux perdre mes souliers et mon self-control
    Renverser une table de pool
    Me mordre la langue par un excès de zèle
    Perforer mon self-control
    Ce soir on sort.

    Prends ma chemise, mes mains
    Et mon porte-feuille
    Ce soir on sort.
    Besoin d'air

    Besoin d'mouvement
    Ce soir on sort
    Besoin de chair de poule
    Besoin de chair.

  • 08

    Zola à vélo (instrumental)

    Paroles

    Zola à vélo (instrumental)

    Instrumental

  • 09

    J'étions seul

    Paroles

    J'étions seul

    J'ai perdu une autre guerre.
    C'était moi les seuls soldats.
    Nous voilà étendus par terre,
    les yeux entrouverts,
    cherchant un autre champ d'bataille,
    et faisant semblant
    d'être pleinement à l'aise
    malgré la défaite.


    J'ai perdu un autre pays.
    J'étions seul de paysan.
    Quelques rêves au gouvernail.
    De nouveau à la dérive,
    cherchant une autre barque,
    et imaginant qu'un jour la mer
    m'accorderait un port.


    J'ai choisi encore une arme
    pour mieux me défendre
    contre moi,
    et me voilà les yeux fermés
    en plein orage,
    cherchant une dernière blessure,
    imaginant qu'en ouvrant les yeux,
    j'serais enfin seul.

  • 10

    C'est pour ça que je t'aime

    Paroles

    C'est pour ça que je t'aime

    Tu me murmures, tu me mijotes
    Me tords et me traverses
    Tu me tirailles, me touches,
    me tourmentes
    Tu m'allumes, tu m'étincelles
    Me sacrifies, me sauves, me soûles
    Tu m'animes mais tu m'énerves
    Tu me fabules, me fascines
    Me chavires, me chatouilles
    M'échappes et m'essouffles
    Tu me souris, me soulèves
    Me conjugues, te confies
    Me convoques et me coiffes
    Tout ça parce tu m'aimes

    Tu me découvres et tu me dégonfles
    Me nourris et me bouffes,
    tu me barbouilles
    Me berces et me brasses
    Me cours et me cajoles
    Me pièges, me libères, me piges
    Me brusques et me brûles
    Tu me réclames, me rédiges
    Me révises, me ramasses
    M'engages et me fixes
    Tu me défends, me dépenses
    Me décrits, me maudis
    Me mordilles et m'admets
    Tout ça parce que tu m'aimes

    Tu m'affiches et tu m'chuchotes
    M'apaises, m'épuises et m'attises
    M'orchestres et m'arranges
    Tu me préfères, me perfores
    Me préfaces, me postules
    Me préambules et me prédis
    Tu me fabules, me fascines
    Me chavires, me chatouilles
    M'échappes et m'essouffles
    Tu me réclames, me rédiges
    Me révises, me ramasses
    M'enrages et me fixes
    Tu me défends, me dépenses
    Me grises, me dégrises
    Me dévoiles et me détournes
    Et c'est pour ça que je t'aime

  • 11

    J'ai la tête en gigue

    Paroles

    J'ai la tête en gigue

    J'ai la tête en gigue et le coeur
    en septembre, me voilà enfin au
    large. Radeau chaviré, la marée
    haute, perdu dans ton regard.
    Temps perdu à craindre l'étreinte
    et à éteindre la moindre flamme.
    Frontières disparaissent de par
    tes mains et mots d'amour
    deviennent sereins.
    Renouveau et découverte,
    j'apprivoise ta tendresse
    et j'm'enivre de ta douceur.


    J'ai la tête en gigue et le coeur
    en septembre, me voilà presque au
    rivage. Temps perdu à craindre
    l'étreinte, à étouffer la moindre
    chaleur. Frontières disparaissent
    de par tes mains et mots d'amour
    deviennent si simples.
    J'ai la tête en gigue et le coeur en
    septembre, me voilà enfin au large.

  • 12

    Ou danser

    Paroles

    Ou danser

    La nuit s'allume
    Pas seul à être seul
    Mais l'étranger solitaire
    Veut danser

    Libérer ses vraies larmes
    Éventer le mensonge
    S'évader de son vitrail
    Et danser

    Échos et ricochets
    De ce qui se voulait vrai
    Loin de moi la vérité
    J'veux danser

    Le seul langage clair
    Sans doute et sans dogme
    Le seul vrai point de repère
    ... danser

    Danser, en dehors en dedans
    Danser âme et corps
    Danser, s'appartenir, devenir partenaire
    Et danser

    La nuit s'éclaire
    À la lumière des désirs
    Et devant le savoureux besoin
    De danser

    De froisser son orgueil
    Sans fausser sa dégaine
    Se faufiler sur le plancher
    Et danser

    Danser, en dehors en dedans
    Danser âme et corps
    Danser, s'appartenir, devenir partenaire
    Et danser

    Vaciller dans l'embrasure
    De toutes les portes et toutes les promesses
    Consentir à son sort
    Ou danser

    Danser, en dehors en dedans
    Danser âme et corps
    Danser, s'appartenir, devenir partenaire
    Et danser

  • 13

    D'la bière au ciel

    Paroles

    D'la bière au ciel

    Quand on s'est rencontré,
    il faisait beau, il faisait chaud,
    il faisait c'que tu voulais,
    il faisait dur, mais tu l'aimais.
    En toute franchise,
    j'pouvais pas t'en promettre plus.
    J'espérais qu'une aventure
    fasse l'affaire. Quand j't'ai parlé
    une première fois,
    j'te disais tout
    c'qui m'semblait être efficace ;
    tous les clichés y ont goûté
    chacun leur tour,
    soudain j'me suis retrouvé seul
    avec ma bière!


    J'espère qu'ils vendent
    de la bière au ciel, j'me disais.
    J'ai tellement pris goût ici-bas.
    J'espère qu'il y a un dépanneur
    ouvert vingt-quatre heures ;
    j'espère qu'ils vendent d'la bière
    au ciel.


    Quand j't'ai parlé
    une deuxième fois, c'était clair
    que mon fusil changeait d'épaule :
    j'étais calme, j'étais doux,
    j'étais bon, j'étais fin,
    j'étais quand même sobre,
    c'qui est quand même rare,
    malheureusement, j'étais
    tout aussi invisible !


    Quand j't'ai parlé
    une deuxième fois,
    j'avais décidé
    de faire un homme de moi :
    j't'ai dit que tu m'tentais,
    j't'ai dit que j'te désirais ;
    encore une fois j'étais seul
    avec ma bière !


    J'espère qu'ils vendent
    de la bière au ciel, j'me disais.
    J'ai tellement pris goût ici-bas.
    J'espère qu'il y a un dépanneur
    ouvert vingt-quatre heures ;
    j'espère qu'ils vendent d'la bière
    au ciel.


    Jamais deux sans trois
    et nous revoilà.
    Toi t'as le goût,
    mais moi j'ai le hoquet ;
    tu m'fais d'l'oeil
    mais moi j'fais dur.
    J'n'aurais jamais dû caler
    ma dernière bière...


    J'espère qu'ils vendent
    de la bière au ciel, j'me disais.
    J'ai tellement pris goût ici-bas.
    J'espère qu'il y a un dépanneur
    ouvert vingt-quatre heures ;
    j'espère qu'ils vendent d'la bière
    au ciel.

  • 14

    Comme Chartrand

    Paroles

    Comme Chartrand

    Il a le front rond comme une
    ampoule. Il a les yeux verts,
    ouverts sur les autres.
    Il a une gueule
    comme Chartrand.


    Il a une peignure en parachute.
    Et puis une (maîtresse)
    entre parenthèses.
    Il a une gueule
    comme Chartrand.


    Il fume du tabac et cætera.
    Il met ses principes
    sur une corde à linge.
    C't'un bon citoyen :
    maoïste, léniniste,
    trotskiste, felquiste,
    qui s'crisse
    de tout, tout, tout...